Tu as un mur ancien à reprendre, et tu te demandes : enduit à la chaux ou enduit ciment ?
Franchement, c’est LA question qui change tout. Parce qu’un mur ancien, ce n’est pas un mur “normal”. Ça bouge, ça respire, ça boit l’humidité… et si tu lui colles un matériau trop dur ou trop étanche, il te le fera payer tôt ou tard. Fissures, cloques, salpêtre, enduit qui sonne creux… tu vois le genre.
Perso, j’ai vu des murs magnifiques (pierre, torchis, moellons) ruinés en quelques années par un enduit ciment “bien propre”. Et à l’inverse, j’ai vu des vieilles façades reprendre vie avec une chaux bien faite, même sur des maisons qui avaient pris la flotte pendant des décennies. Si tu veux des ressources sérieuses sur le bâti ancien, va jeter un œil à https://maisonspaysannesdelasarthe.fr, c’est une mine d’infos et ça remet les idées en place.
Donc on va faire simple : je t’explique lequel choisir, pourquoi, et surtout comment éviter la grosse erreur qui te coûtera du temps, de l’argent… et un mur à refaire.
Enduit à la chaux ou ciment : la réponse rapide (si tu veux juste trancher)
Si ton mur est ancien (pierre, moellons, terre, torchis, brique ancienne, joints à l’ancienne…), dans 90% des cas : tu pars sur un enduit à la chaux.
Le ciment, lui, peut avoir du sens sur du béton moderne, du parpaing, ou une maçonnerie récente bien stable et bien sèche. Mais sur un mur ancien ?
Je vais être cash : souvent c’est une mauvaise idée.
Tu veux une règle simple à retenir ?
Mur ancien = chaux.
Mur moderne = ciment (ou mortier adapté).
Pourquoi ça change tout : un mur ancien “respire” (et ce n’est pas une image)
On dit souvent “un mur doit respirer”, et parfois ça fait un peu phrase de comptoir… sauf que c’est vrai. Un mur ancien gère l’humidité comme une éponge :
Il absorbe quand l’air est humide,
il relargue quand ça sèche,
il équilibre en douceur.
Le problème, c’est que le ciment a tendance à faire l’inverse : il bloque.
Et quand tu bloques l’humidité dans un mur ancien… elle ne disparaît pas par magie. Elle cherche une sortie. Et souvent, la sortie, c’est :
- des cloques dans l’enduit
- des joints qui se délitent
- du salpêtre (ces dépôts blancs, bien énervants)
- des pierres qui s’effritent parce qu’elles restent humides trop longtemps
Et ça, c’est pas une théorie. C’est le genre de truc que tu vois en grattant un enduit ciment : dessous, c’est humide, friable, parfois carrément noirci. Pas glamour.
Enduit à la chaux : pourquoi il est souvent parfait pour un mur ancien
La chaux, c’est un peu le “matériau copain” des vieilles maisons. Elle est plus souple, plus compatible, et surtout elle laisse migrer la vapeur d’eau.
Concrètement, ça veut dire quoi pour toi ?
- Moins de risques de cloquage quand ton mur prend l’humidité
- Moins de fissures “dures” (la chaux travaille mieux avec le support)
- Une façade plus saine sur le long terme
- Un rendu vivant : c’est mat, légèrement nuancé, ça fait “vrai”
Et puis il y a un truc que j’adore avec la chaux : l’aspect.
Tu sais, ce côté légèrement irrégulier, doux à l’œil, pas “plastifié”. Quand le soleil tape dessus en fin d’après-midi, ça accroche la lumière. Ça fait maison habitée, pas décor de film.
Petit bémol quand même : la chaux demande un peu de méthode. C’est pas compliqué, mais c’est pas “je mélange et j’étale au hasard”. Et surtout, ça n’aime pas être posée sur un support pourri ou trop lisse.
Enduit ciment : dans quels cas c’est OK (et même utile)
Je ne vais pas faire le taliban de la chaux. Le ciment, parfois, c’est pratique.
Mais il faut le mettre au bon endroit.
Le ciment peut être pertinent si :
- tu es sur un mur en parpaings récent
- tu as un support béton stable
- tu veux un enduit dur et résistant aux chocs (zone très exposée)
- tu es dans une logique “construction moderne” (pas rénovation patrimoniale)
Par contre, sur un mur ancien, le ciment devient vite un piège : trop rigide, pas assez perméable, et souvent trop fort pour des pierres tendres.
Et ça, on ne le comprend pas toujours au début.
Parce qu’au début, oui, ça fait propre. C’est net. C’est “solide”.
Et puis 2 hivers plus tard… surprise. Ça sonne creux, ça se décolle par plaques, et tu te retrouves à tout casser au burin. Super.
Les signes qui montrent que ton mur ancien ne veut PAS de ciment
Tu hésites encore ? Regarde ton mur comme un médecin regarde un patient (oui, carrément).
Voici les signaux qui crient “chaux !” :
- tu vois des pierres irrégulières avec des joints assez larges
- les joints existants sont friables ou sableux
- le mur est froid et humide au toucher en bas
- tu as du salpêtre ou des traces blanchâtres
- tu as des zones qui ont déjà cloqué ou pelé
- tu es sur une maison d’avant 1950 (et encore, souvent bien avant)
Et si ton mur est en torchis ou en terre… alors là, ciment = non. Vraiment non.
C’est comme mettre un imperméable sur une éponge mouillée et espérer qu’elle sèche.
Chaux aérienne ou chaux hydraulique : laquelle choisir ?
Petit moment “choix dans le choix”, parce que oui, il y a plusieurs chaux.
La chaux aérienne (CL) :
- très respirante
- prise plus lente
- top pour les finitions, badigeons, enduits décoratifs
La chaux hydraulique naturelle (NHL) :
- prise plus rapide (elle fait sa prise même avec un peu d’humidité)
- plus résistante mécaniquement
- souvent choisie pour les façades et les soubassements
En pratique, sur un mur ancien, beaucoup de gens partent sur une NHL adaptée (pas trop forte), surtout dehors.
Mais attention : plus c’est “fort”, plus c’est dur. Et un mur ancien n’a pas besoin d’un blindage.
Si tu veux une phrase simple :
mieux vaut un enduit un peu moins dur, mais compatible, qu’un enduit bétonné qui casse tout.
Le vrai sujet : l’humidité (et ce que tu dois vérifier AVANT d’enduire)
On peut parler chaux vs ciment pendant des heures, mais le vrai nerf de la guerre, c’est l’eau.
Parce que si ton mur boit par le bas (remontées capillaires), ou si l’eau ruisselle dessus, aucun enduit ne fera de miracle.
Avant de choisir ton enduit, pose-toi ces questions :
- Est-ce que l’eau peut stagner au pied du mur ? (terre plus haute que le sol intérieur, pente vers la maison…)
- Tu as des gouttières et descentes d’eau OK ?
- Le mur a déjà été peint avec une peinture étanche ?
- Tu vois une zone humide sur 50 cm / 1 m en bas du mur ?
Parce que si tu enduis “par-dessus” sans régler ça, tu vas juste maquiller le problème. Et le problème reviendra, mais en pire.
Oui, c’est frustrant. Mais c’est clair.
Les erreurs classiques (et franchement, on les voit tout le temps)
Allez, petite liste des bourdes les plus fréquentes. Peut-être que tu t’y reconnaîtras (et c’est pas grave, on apprend tous comme ça) :
- Enduire sur un mur poussiéreux : ça n’accroche pas, point.
- Humidifier n’importe comment : trop sec = ça tire trop vite, trop mouillé = ça dégouline.
- Faire une couche trop épaisse d’un coup : ça fissure, ça tombe, ça fatigue.
- Mettre du ciment “pour être tranquille” : spoiler, tu ne seras pas tranquille.
- Oublier que le mur est vivant : un mur ancien travaille, et c’est normal.
Et mon “préféré” (ironique) :
mettre une belle finition chaux… sur une base ciment.
C’est joli 3 mois, et après ça fait des bulles. C’est triste, même.
Comment choisir concrètement : mon mini guide ultra simple
Ok, on respire. Tu veux une méthode simple pour décider ? La voilà.
1) Ton mur est ancien (pierre, terre, moellons) ?
Alors pars sur chaux.
2) Ton mur est moderne (parpaing, béton) ?
Tu peux partir sur ciment ou un mortier moderne adapté.
3) Tu as un doute sur l’humidité ?
Choisis la chaux et traite la cause (drainage, gouttières, ventilation…).
4) Tu veux un rendu “maison ancienne qui a du charme” ?
Chaux, chaux, chaux. Le ciment fait souvent trop “neuf”, trop lisse, trop grisâtre. Je trouve ça froid.
5) Tu veux juste reboucher vite fait une zone extérieure ultra exposée ?
Là, oui, on peut discuter. Mais même dans ce cas, je me méfie sur mur ancien.
Et si ton mur a déjà été enduit au ciment… tu fais quoi ?
Bonne question. Et tu n’es pas le seul, loin de là.
Si tu as déjà un enduit ciment en place, tout dépend de son état :
- S’il est sain, bien accroché, sans humidité derrière : parfois on le laisse (même si ce n’est pas l’idéal).
- S’il cloque, fissure, sonne creux : là, souvent, il faut déposer les zones qui se décollent.
Mais attention : piquer un enduit ciment, ça peut être sport.
C’est bruyant, ça fait de la poussière partout, et tu peux abîmer les pierres si tu y vas comme un bourrin. Donc doucement, petit à petit.
Et surtout : si tu retires du ciment, ne remets pas du ciment “par habitude”.
C’est justement l’occasion de repasser sur un système plus respirant.
Le budget : est-ce que la chaux coûte plus cher ?
Oui… et non.
Le sac peut être un peu plus cher, et certains produits chaux bien formulés coûtent davantage.
Mais ce qui coûte vraiment cher, c’est de faire le mauvais choix et de devoir tout refaire.
Un enduit chaux bien fait, sur un mur compatible, ça peut tenir très longtemps. Et surtout, ça vieillit mieux.
Il se patine. Il ne “s’écaille” pas comme une peau brûlée au soleil. Il se marque, mais joliment.
Donc au final, je trouve que c’est souvent un meilleur investissement. Même si tu râles un peu au moment de passer à la caisse.
FAQ rapide : les questions qu’on me pose tout le temps
Est-ce que je peux mettre de la chaux sur un mur en ciment ?
Ça dépend du support, de l’accroche, et de la préparation. Sur un support trop lisse, ça peut mal tenir. Il faut souvent un gobetis adapté.
Est-ce que la chaux résiste à la pluie ?
Oui, si elle est bien formulée et bien appliquée. Mais elle n’aime pas les excès : pluie battante en continu + mur gorgé d’eau = ça souffre. D’où l’importance des débords de toit, gouttières, et d’un bon soubassement.
Et en intérieur, chaux ou ciment ?
En intérieur sur mur ancien, la chaux est souvent top, surtout si tu veux éviter l’humidité enfermée. Et en plus, l’ambiance est plus saine, plus “douce”.
Est-ce que la chaux, c’est compliqué à appliquer ?
Pas forcément. Mais il faut respecter les temps, humidifier correctement, et ne pas vouloir aller trop vite. C’est plus “artisan” comme rythme. Et c’est peut-être ça qui fait son charme.
Conclusion : si tu veux préserver ton mur ancien, choisis la chaux (vraiment)
Si je devais résumer en une phrase :
la chaux accompagne le mur ancien, le ciment le contraint.
Et un mur ancien, c’est un peu comme un vieux jardin : tu peux le forcer, mais il te le rendra mal.
Alors que si tu bosses avec lui, tranquillement, en respectant sa nature… tu peux obtenir un résultat magnifique, durable, et franchement satisfaisant.
À retenir (simple et efficace) :
- Mur ancien = enduit à la chaux (dans la majorité des cas)
- Mur moderne = ciment possible
- Humidité = priorité absolue avant de refaire un enduit
- Le bon enduit, c’est celui qui respecte ton support
Et toi, ton mur, il est comment ? Pierre tendre, moellons, vieille brique… ou parpaing récent ?
Si tu veux, décris-moi vite fait ce que tu as (âge de la maison, type de mur, humidité ou pas), et je te dis ce que je ferais à ta place.

